Votre attaché de presse a-t-il la senioritude ?

Publié le par La Rédac Chef

L'attaché(e) de presse arriva en agence et devins consultant(e). Ses compétences philatéliques et téléphoniques ne suffirent plus. Désormais, il lui faut maîtriser le langage HTML, le tri croisé des données sur Excel, les alertes Google et surtout le conseil, le vrai.




Du café à l'agence, de l'agence au sommet de l'échelle


Le café est l'antre de l'attaché de presse, l'agence celui du consultant. L'agence est une structure codifiée (plus ou moins) dans laquelle les titres valsent comme Sissi l'Impératrice au bal de Joseph l'empereur d'Autriche. Personne ne sait si cette codification est empruntée aux SSII, aux cabinets d'audit ou si un sorcier a invoqué une formule magique d'un manuel sur le management des multinationales, toujours est-il qu'elle n'a jamais été vouée aux agences de RP.

Pour schématiser cette codification, disons que le consultant RP en agence doit affronter 5 épreuves pour arriver au sommet de l'échelle de la pleinitude RP :

  • La junioritude
  • La junioritude confirmée
  • La sénioritude
  • La Direction Conseil
  • La direction tout court

Voici le parcours que les agences offrent aux wannabe consultants en relations presse (ou médias).




Le chemin vers la sagesse


Chaque épreuve vers la senioritude est semée d'embuches (Augure, les relances), de réflexions profondes (est-ce que je met le communiqué au format PDF en pièce jointe pour les journalistes qui ne lisent pas les mails au format HTML ? Et ceux qui n'acceptent pas les pièces jointes ?) et de combats sanglants (DESABO - VEUILLEZ ME RETIRER DE VOTRE LISTE DE DIFFUSION).

Ceci dit, les parcours rectilignes sont rares. En effet, même si la structure est codifiée, les épreuves elles, ne le sont pas. Un consultant peut avoir à affronter seul un client dès sa junioritude. Un sénior peut avoir à parler HTML juste avant le sommet et dévier de son chemin ascensionnel à cause d'une simple confusion de mots.


Aucune agence n'est pas capable de maîtriser à 100% le parcours de ses consultants.

Mais alors comment savoir si votre consultant a la sénioritude ?



Transhumance et brebis égarées


La montagne est dangereuse. La transhumance est longue et les brebis égarées perturbent l'avancement du troupeau en monopolisant l'attention du berger et de son chien.

Mais pourquoi la brebis s'égare ? Parce qu'elle ne sait pas où elle va ou ce qu'elle doit faire.


Plus le consultant monte l'échelle, plus il doit maîtriser les outils et acquerir une vision stratégique. Mais un sénior doit-il savoir envoyer un communiqué au format HTML ? le junior peut-il donner des conseils aux clients ?

Quelqu'un a-t-il définit les tâches d'un junior ? d'un sénior ?


Et le client dans tout ça ?

Tel l'agneau, il suit la transhumance et se met au pas du troupeau. Il est protégé par le berger, mordu quelques fois par le chien, il joue en bonne compagnie de ses semblables mais sait-il si sa mère fait partie des leaders du troupeau ?


Le client ressent-il la sénioritude, la qualité du conseil, le nombre de retombées par mois, aucun ou les 3 ?


Et finalement, que représente la sénioritude du consultant pour l'agence, le client, le consultant lui-même ?

La valse dansée avec l'empereur ? l'espoir du trône ? le tarif des prestations ? le salaire ? la taille du carnet d'adresse ?

L'important pour le berger, les brebis et leurs agneaux n'est-il pas d'arriver sur les verts pâturages ?




Le mot de la fin


Le mot de la fin revient à un wannabe consultant en relation média qui a répondu ceci à une question sur sa sénioritude posée lors d'un entretien d'embauche :


« C'est quoi pour vous un senior ? »


Réponse du berger (pas à la bergère mais à une brebie égarée)


« Bonne question ».


Publicité

Publié dans PR - Public Relations

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :